Son premier livre était prévu pour être épais, unique et définitif. Après plusieurs changements de titres tels que Nabe's Dream, puis Rubis sur l'ongle, la version définitive d’Au Régal des Vermines, refondu et amputé de plusieurs centaines de pages, est enfin publié le 25 janvier 1985 chez Bernard Barrault. Dans une partie du milieu littéraire, l'œuvre est jugée impressionnante (Philippe Sollers), mais elle dérange. Les pages d'admiration enflammée pour Thelonious Monk, ou les portraits à vif de ses parents sont éclipsées par celles où Nabe s'attaque à des thèmes jugés sensibles, comme l'homosexualité, le racisme, le sionisme, etc. Il admire des auteurs décriés, comme Bloy, Rebatet ou Céline. Il ne se décrit pas comme un provocateur, même si cela pourrait être son idéal d'artiste. Le livre crée une vive polémique. Ses admirateurs croient trouver un nouvel écrivain au talent puissant qu'ils attendaient vainement de longue date. Ses détracteurs le perçoivent comme un dangereux faiseur, aussi factice que creux et improbable. Une participation très mouvementée à l'émission Apostrophes, à l'issue de laquelle Georges-Marc Benamou s'introduit sur le plateau et lui assène plusieurs coups de poings au visage, le condamne à un certain bannissement médiatique.
Dès lors, Nabe enchaîne publication sur publication, avec un succès inégal. La positivité de son deuxième livre Zigzags (1986), recueil de textes de divers genre (essais, nouvelles, poèmes en prose...), « entièrement voué à l'enthousiasme » et à l'exaltation de toutes les formes d'art, tranche trop avec la fureur du Régal pour ne pas désorienter la critique qui l'a rangé parmi les pamphlétaires à scandale. Dans la foulée il publie la même année 1986 un livre de jazz, mi-poème- mi essai sur l'une de ses idoles : L'âme de Billie Holiday, puis un recueil d'aphorismes Chacun mes goûts et travaille à son premier roman, Le Bonheur, l'histoire d'une quête moderne sur la peinture de la Renaissance Italienne. Il écrit des chroniques pour le festival Nancy Jazz Pulsations, à l'occasion duquel il rencontre en privé une autre de ses idoles, Miles Davis.
Ces premiers livres dans des domaines très différents ne suffisent pas toutefois à corriger l'image définitive réductrice du pamphlétaire arrogant d'Apostrophes, qu'il entretiendra lui-même parfois, mais dont par la suite il aura le plus grand mal à se débarrasser.
Malgré ses premières publications, il a du mal à trouver un éditeur. La fin des années 1980 est pour lui une période de difficultés à faire paraitre ses livres en projet. A l'occasion du bicentenaire de la Révolution, contre les célébrations il publie en 1989, La marseillaise, texte sur le morceau du même nom du saxophoniste de free jazz, Albert Ayler.
Mais à cette même époque il se fait surtout remarquer par sa participation et ses articles extrêmement virulents dans L'Idiot International de Jean-Edern Hallier. Ne reculant devant aucun tabou il fait scandale en s'en prenant avec violence, cruauté et drôlerie à des personnalités aussi symboliquement consensuelles que Elisabeth Badinter, Serge Gainsbourg ou l'Abbé Pierre. Envoyé Spécial pour l'Idiot International lors des grèves tendues des usines Peugeot à Mulhouse en octobre 1989, Nabe grand lecteur de Simone Weil passe la nuit avec les grévistes, et publie en guise d'article le récit plein d'empathie qu'il destinait à son Journal Intime.
Parallèlement en 1983, lorsque qu'est achevé Nabe's dream (première mouture du Régal), il se met à tenir un journal intime. L'auteur devra attendre 1991, année durant laquelle le premier tome sera publié grâce à Jean-Paul Bertrand des Éditions du Rocher, seul éditeur à oser sortir le « brûlot ». Nabe y note au jour le jour sa vie intime et celle de ses proches, ses lectures, sorties au cinéma, les fluctuations de son mysticisme athée puis chrétien, et bien sûr ses réactions à l'actualité.
Chaque volume du Journal est agrémenté d'un index de plus en plus élaboré. Outre les personnages réels et les personnages de fiction, leurs prénoms et surnoms détaillés, les titres d'oeuvres écrites ou en projet, les noms de villes, pays et planètes, l'Index de Kamikaze recense aussi les noms d'églises, de librairies, de bars et jusqu'aux noms de marques les plus triviales, telles que Vache qui rit, Typex ou Lexomil... Plus que comme un outil de consultation, cet index très étudié où sont introduits également certains effets comiques récurrents (ex: Le prénom de Bokassa, ou la juxtaposition B.H.L / B.H.V ) est aussi conçu pour une lecture linéaire et représente aux yeux de Nabe, qui y accorde une grande importance, une sorte de poème à part entière où les noms les plus disparates se bousculent: Inventaire à la fois chaotique et maniaquement exhaustif de son univers.
Si, grâce à son Journal Intime, la biographie de Nabe est connue dans les moindres détails dans les années 80, on cesse ensuite de le suivre au jour le jour.
Il publie en 1991 le récit de son séjour en Turquie à la rencontre des ses racines : Visage de Turc en pleurs. A l'âge de 33 ans, il part à Jérusalem faire sa communion, voyage mystique dont il fera un livre : L'âge du Christ. Au fil des volumes la publication de son Journal intime lui vaut de solides inimitiés de certaines des personnes qui y figurent. Il publie un roman sur la femme de Céline, Lucette, donne des conférences sur Bloy ou Bernanos et continue à écrire des articles polémiques.
En 1998, malgré les publications qui se succèdent, Nabe est en pleine période de crise. Il passe près du suicide, tentation dont il réussit à débarrasser en en faisant un livre : Je suis mort. Il publie de plus belle : Recueils d'articles (Oui et Non), de contes (K.O et autres contes), de poésies (Loin des fleurs) et d'interviews (Coups d'épée dans l'eau).
En 2000 la publication du quatrième tome de son Journal Intime, Kamikaze, est très mal reçue par nombre de ses amis et anciens soutiens. Albert Algoud ou Michel Polac, par exemple, s'en prennent sévèrement à lui.
Dégoûté du milieu artistique et littéraire parisien, il se retire sept mois dans l'île de Patmos, pour vivre où saint JeanApocalypse. avait écrit l'
Il publie à son retour: Alain Zannini, roman initié dans l'île qui lui permet de dire adieu au diarisme (soldant les comptes en résumant son parcours depuis le dernier tome publié du Journal). Pour ne plus revenir en arrière, dans un geste que l'on peut rapprocher de celui de Gogol détruisant la deuxième partie des âmes mortes, avant de quitter l'île il détruit par le feu plusieurs milliers de pages inédites représentant dix ans d'écriture de son Journal Intime.
Le 11 septembre 2001, lui inspire un pamphlet Une lueur d'espoir, premier ouvrage français écrit sur les évènements. Malgré une réception critique contrastée, le public réserve un bon accueil à ce livre qui est à ce jour le best-seller de Nabe, vendu entre 20 000 et 25 000 exemplaires. Il s'occupe ensuite essentiellement de la situation au Moyen-Orient : séjour à Bagdad avant le débarquement américain, publication d'un nouveau journal La Vérité, et de J'enfonce le clou, où ses thèmes sont rejoués sur fond d'actualité.
Vingt ans après sa parution, son premier livre, Au régal des vermines, est republié aux éditions Le Dilettante. Une copieuse préface intitulée « Le Vingt-septième Livre » précède le texte. Mettant en parallèle son destin et son échec éditorial avec la réussite de Michel Houellebecq qu'il côtoyait en tant que voisin d'immeuble, il solde les comptes avec le milieu littéraire avec tristesse et humour. Il y annonce son intention de mettre un terme à sa carrière d'écrivain. Le livre deux ans après sa réédition est toutefois à nouveau indisponible.
En octobre 2006 paraît chez Léo Scheer un recueil de Morceaux choisis. 500 pages de passages sélectionnés dans toute l'œuvre par l'auteur et Angie David. Ce florilège, réparti en 26 thèmes, illustre la cohérence de la vision du monde « nabienne » au long de vingt années de création.
Pour le reste, depuis ce vingt-septième livre, Nabe a tourné le dos au monde de l'édition. Il s'exprime aujourd'hui essentiellement sur des sujets d'actualité à travers des tracts affichés et distribués gratuitement. S'il en encourage la diffusion Nabe interdit toute publication payante de ce mode de diffusion qui renoue, entre autres, avec les dazibao chinois. La qualité intrinsèque de ces affiches, le soin apporté à la composition et à la typographie jusque dans le choix du papier font toutefois de ces affiches davantage qu'un simple tract. Loin d'être un pis-aller elles constituent une forme d'art en soi. Nabe pense que le livre est mort. Il tient cependant à la matérialité du support écrit, ce que l'Internet ne permet pas. Pour lui le meilleur support d'écriture, éliminant tout intermédiaire entre l'auteur et le lecteur est désormais le mur des villes.
Zidane la racaille, la première de ces affiches polémiques, sobres et denses fait son apparition sur les murs de Paris et Marseille peu après la finale de la Coupe du monde de Juillet 2006. Nabe y réagit à chaud sur le sens du coup de tête de Zidane et l'usage du mot « terroriste » dans la situation internationale.
La deuxième, Les Pieds Blancs, fustige les maghrébins médiatiquement installés que Nabe appelle « collabeurs », et à travers le film Indigènes, s'en prend particulièrement à Jamel Debbouze.
La troisième Et Littell niqua Angot, dresse un constat cruel du monde de l'édition française et des prix littéraires et s'élargit sur une réflexion sur le tabou de la Shoah comme sujet de roman.
La quatrième Représente-toi, publiée peu de temps avant que Jacques Chirac annonce qu'il renonçait à se représenter aux élections présidentielles renvoie dos à dos les deux candidats Sarkozy et Royal, et établit un plaidoyer en faveur de l'abstention.
Un cinquième tract La bombe de Damoclès paraît en novembre 2007. Nabe y dénonce les projets de guerre contre l'Iran vers laquelle la France est en train de se diriger au côté des États-Unis à ses yeux.
Un sixième tract : Le ridicule tue, consacrée à la mort de Chantal Sebire, où Nabe prend position contre l'euthanasie est paru en Avril 2008.
L'équipe qui compose, imprime et diffuse les tracts est totalement anonyme. De simples lecteurs, enthousiasmés commencent à contribuer à la propagation des affiches. Zidane la racaille a été traduit en italien sous le titre de Zidane la Feccia. Les affiches de Nabe ont ainsi également été placardées en Chine, en Malaisie ou au Mali.
Les écrits de Nabe, au ton volontiers provocateur et agressif, lui ont valu un certain nombre de polémiques. À l'occasion de la sortie de son livre Au régal des vermines, il fut accusé publiquement d'antisémitisme et fut physiquement agressé par Georges-Marc Benamou après son passage à Apostrophes. Certains adversaires publics de Nabe, comme Didier Daeninckx, l'accusent de racisme. Les prises de position anti-américaines de Nabe, notamment au moment de la guerre en Irak, lui ont valu des accusations de complaisance envers le régime de Saddam Hussein et les islamistes radicaux[1].
Lors de son passage dans l'émission de Laurent Ruquier On a tout essayé le mercredi 18 octobre 2006, le chroniqueur Gérard Miller a lu à l'écran de courts extraits d'Au régal des vermines qui prétendaient démontrer le racisme et l'antisémitisme de l'auteur. Nabe a alors quitté le plateau, se plaignant du traitement des écrivains à la télévision, sous les huées et les applaudissements mêlés du public. Une réponse de Nabe avec les passages non tronqués existe sur son site[2].
Toutefois Nabe n'a jamais fait l'objet d'aucun procès pour ces accusations.
Source : Wikipédia.| Juillet 2009 | ||||||||||
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